Dans chaque pièces que Thomas Demure réalise, l’objet photographique importe peu ; ce qui fait sensation, c’est la tentative de révéler ce qui se cache derrière l’instantané. Le cliché est remplacé par un travail d’appréhension physique de l’image. Il faut trouver la plus « juste » des représentations, en recomposant l’image noir et blanc.
    D’abord morceaux par morceaux, on la reconstitue pour lui donner un corps plus adéquat. Puis, en la colorisant à la main, on l’incarne, on lui redonne un souffle.


    Faire l’image devient une durée ; elle garde les traces des gestes (on voit les coups de pinceaux et les fautes, les collages et les hésitations).
    Dans cette ré-appropriation de l’objet photographique, tout sujet est alors une matière visuelle et physique à ré-habiter. Ce n’est plus tant l’objet qui conditionne le regard mais le regard qui le conditionne. Chaque objet/sujet devient une promesse à accomplir, un temps à ressentir.
    Et la photographie devient un tremplin pour le devenir-sensation de toutes choses.